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Plumes, calames et pinceaux : bien choisir ses outils de calligraphie

Atelier · Publié le 2026-10-27

Plusieurs calames de roseau et de bambou taillés, posés à côté d'un couteau sur une table en bois
Calames de roseau et de bambou taillés à la main. Photo : Faizal Somadi, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

En calligraphie, l'outil ne se contente pas de déposer de l'encre : il dessine la lettre. Une plume à bec large produit automatiquement des pleins et des déliés selon la direction du trait ; une plume pointue les produit selon la pression ; un pinceau souple, selon la pression et la vitesse. Choisir un outil, c'est donc déjà choisir une famille d'écritures.

Deux logiques : l'angle ou la pression

La plupart des outils de calligraphie latine se rangent dans deux catégories.

La plume à bec large

C'est l'outil de base de la calligraphie occidentale. Il s'agit d'une plume métallique dont l'extrémité est coupée droit, en biseau ou légèrement en oblique (modèles pour gauchers), montée sur un porte-plume. Les fabricants proposent des séries de largeurs, souvent numérotées : les numéros ne se correspondent pas d'une marque à l'autre, il faut regarder la largeur réelle en millimètres quand elle est indiquée.

Beaucoup de plumes sont livrées avec un réservoir, une petite lamelle de laiton fixée sur ou sous la plume, qui retient une goutte d'encre et régularise l'écoulement. Il doit être réglé : trop serré, il bloque l'encre ; trop lâche, il la libère d'un coup.

Pour commencer, une largeur moyenne, de quelques millimètres de tranchant, permet de bien voir les pleins et les déliés et de corriger ses formes. Les petites largeurs viennent ensuite, pour le texte courant.

La plume pointue

La plume pointue est fine et flexible : en appuyant, les deux becs s'écartent et le trait s'élargit. Elle sert aux écritures anglaises et à la plupart des écritures « de main posée » du XVIIIe et du XIXe siècle. Les débutants la trouvent souvent plus difficile, car elle demande de doser la pression tout en contrôlant l'inclinaison. On l'utilise avec un porte-plume droit ou un porte-plume oblique, qui facilite le maintien de l'angle pour les droitiers.

La plume d'oie

Pendant des siècles, les scribes occidentaux ont écrit avec des plumes d'oiseau, d'oie le plus souvent, taillées au canif. Le tuyau est d'abord durci (on parle de « clarifier » la plume, en la chauffant), puis taillé en biseau, fendu et ajusté. La plume d'oie est souple, réactive et agréable sur le parchemin, mais elle s'use et doit être retaillée régulièrement. C'est un excellent exercice pour comprendre comment fonctionnaient les écritures médiévales.

Le calame

Le calame est une tige de roseau ou de bambou taillée. C'est l'outil traditionnel de la calligraphie arabe, persane et ottomane, mais aussi des scribes de l'Antiquité. Taillé large, il permet de tracer des lettres de grande taille avec une encre bien chargée. Les calligraphes de tradition arabe taillent souvent la pointe en oblique, l'angle étant adapté au style. Notre article sur les calligraphies du monde présente cette tradition.

Pour la calligraphie latine de grand format, on fabrique aussi des « plumes » de fortune en bambou, en balsa, en carton ou en canette d'aluminium découpée : elles ne remplacent pas un bon outil, mais apprennent beaucoup sur le geste.

Les pinceaux

Un pinceau se rince à l'eau claire après usage, s'égoutte doucement et se sèche pointe en bas ou à plat, jamais pointe en l'air quand il est mouillé : l'eau descendrait vers la virole et abîmerait le collage des poils.

Feutres, stylos et outils modernes

Les feutres à pointe biseautée, les stylos-plumes à bec large et les stylos à double lame sont pratiques pour s'exercer partout, sans encrier. Les feutres à pointe souple imitent le pinceau pointu. Ils ont deux limites : leur pointe s'use, et ils produisent un trait plus uniforme, qui masque parfois les défauts de construction. Ils sont parfaits pour s'échauffer ou pour une pratique quotidienne ; la plume reste indispensable pour progresser.

Entretien et sécurité

  1. Nettoyer les plumes métalliques à l'eau claire après chaque séance, puis les sécher pour éviter la rouille. Une plume neuve est souvent recouverte d'un film protecteur qu'il faut retirer pour que l'encre accroche.
  2. Ne pas laisser sécher l'encre dans le réservoir ou entre les becs, surtout avec les encres contenant de la gomme arabique ou du pigment.
  3. Ranger les outils à plat ou pointe en haut quand ils sont secs, dans une boîte ou une trousse.
  4. Manier le canif avec prudence : la taille d'une plume d'oie ou d'un calame se fait sur une planchette, lame dirigée vers l'extérieur.

Par quoi commencer ?

Pour un débutant qui veut apprendre les écritures historiques, un porte-plume, deux ou trois plumes à bec large de tailles différentes, une encre noire liquide et un bloc de papier lisse suffisent. Notre article Encres et papiers explique comment choisir ces derniers, notre guide pour aménager un atelier chez soi aide à installer un poste de travail incliné et bien éclairé, et notre guide Apprendre la calligraphie propose une progression.

Ce qu'il faut retenir

Sources