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Brush script et lettrage au pinceau : histoire, outils et techniques

Atelier · Publié le 2026-10-27

Pinceau de calligraphie à long manche sombre suspendu à un porte-pinceaux en bois, au-dessus d'une surface claire
Pinceau mis à la disposition des visiteurs pour écrire à l'eau, dans l'ancienne résidence du calligraphe Zhu Jiuying, en Chine. Photo : Mx. Granger, via Wikimedia Commons, CC0.

Les écritures de type « brush script » sont partout : vitrines, emballages, affiches, logos. Elles imitent une écriture rapide tracée au pinceau, avec des pleins appuyés et des déliés qui s'effilent. Derrière cette apparente spontanéité, il y a une histoire, celle des peintres en lettres et des fonderies du XXe siècle, et une technique précise.

Calligraphie, lettrage, typographie : trois métiers

On confond souvent ces trois pratiques. Elles se recouvrent, mais leurs logiques diffèrent.

Le « brush script » existe dans les trois mondes : comme écriture au pinceau, comme lettrage dessiné, et comme famille de caractères typographiques.

Une histoire de peintres en lettres et de fonderies

Pendant la première moitié du XXe siècle, les peintres en lettres réalisent à la main les enseignes, les vitrines, les panneaux publicitaires et les camions de livraison. Ils travaillent au pinceau, à main levée ou d'après un tracé, et développent des écritures cursives rapides, très lisibles à distance. Les fonderies de caractères s'en inspirent pour proposer aux imprimeurs des caractères « script » qui donnent l'illusion d'une écriture manuelle.

Parmi les exemples les plus connus figurent le Brush Script dessiné par Robert E. Smith pour l'American Type Founders et, en France, le Mistral de Roger Excoffon, publié par la Fonderie Olive de Marseille, deux caractères du milieu du XXe siècle dont les lettres semblent liées comme une véritable écriture courante. Ces caractères ont été numérisés et sont encore largement utilisés, parfois jusqu'à l'usure. L'impression de « déjà-vu » qu'ils provoquent explique que les graphistes contemporains préfèrent souvent un lettrage sur mesure.

Les outils

Les pinceaux

Pour l'écriture script, on utilise surtout des pinceaux pointus, dont la pointe fine donne les déliés et dont le ventre, sous la pression, donne les pleins. Les poils synthétiques sont plus nerveux et plus faciles à contrôler ; les poils naturels retiennent davantage d'encre. Les peintres en lettres utilisent aussi des pinceaux plats et des pinceaux à longs poils (les « liners » ou « traîneurs ») pour les traits continus.

Les feutres pinceaux

Les feutres à pointe souple, en fibre ou en poils synthétiques, sont l'outil d'entrée le plus courant. Ils permettent de travailler la pression sans gérer l'encre. Leur pointe s'abîme si l'on appuie trop fort ou sur un papier rugueux : un papier lisse, voire satiné, prolonge leur durée de vie.

Le papier

Un papier lisse et assez épais pour ne pas boire l'encre est préférable. Les papiers à grain marqué donnent des « blancs » dans les pleins, un effet recherché parfois, mais déroutant au début. Voir notre article Encres et papiers.

La technique : pression et relâchement

  1. Pleins en descendant, déliés en montant : c'est la règle de base des écritures à pression. On appuie dans les traits descendants, on relâche dans les traits montants.
  2. Les transitions : la qualité d'un brush script se juge à la manière dont le trait passe du délié au plein. On travaille des séries de traits « montée-descente » et des ovales, en cherchant des transitions progressives.
  3. L'inclinaison : une inclinaison régulière donne de la cohérence. Des lignes obliques légères tracées au crayon aident au début.
  4. Lever le pinceau : contrairement à une idée reçue, un brush script ne s'écrit pas forcément sans lever l'outil. On s'arrête souvent entre deux lettres, puis on raccorde le trait, ce qui rend les liaisons plus nettes.
  5. La vitesse : trop lente, l'écriture tremble ; trop rapide, elle perd son contrôle. On cherche une vitesse constante.

Pour l'apprentissage en général, notre article Apprendre la calligraphie propose une méthode applicable au pinceau.

Une séance d'entraînement type

  1. Échauffement : des lignes de traits montants fins et de traits descendants épais, alternés, à vitesse régulière.
  2. Formes de base : ovales, boucles montantes et descendantes, « vagues » qui enchaînent plein et délié.
  3. Lettres par familles : les lettres construites sur l'ovale (a, c, d, g, o, q), puis celles construites sur l'arche (h, m, n).
  4. Mots courts, en surveillant l'espacement et la régularité de l'inclinaison.
  5. Observation : confronter la page à un modèle, repérer les transitions brusques entre délié et plein, et noter un seul point à travailler la fois suivante.

En graphisme : bien utiliser une écriture script

Les caractères script sont expressifs, mais ils ont des contraintes fortes.

Notre article Choisir une police aborde la lisibilité et l'accessibilité, deux points sur lesquels les scripts demandent une vigilance particulière.

Ce qu'il faut retenir

Sources