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Apprendre la calligraphie : par où commencer, et comment progresser

Atelier · Publié le 2026-10-27

Page imprimée en écriture chancelière penchée, ouverte par une grande initiale ornée
Première page de La Operina, où Arrighi présente sa méthode pour apprendre la chancelière (Rome, années 1520). Domaine public, via Wikimedia Commons.

La calligraphie s'apprend comme un instrument de musique : par des gammes, de la régularité et de l'écoute, ici celle de l'œil. Il n'est pas nécessaire d'avoir une « belle écriture » au départ. Il faut surtout choisir un bon modèle, un matériel simple, et une méthode qui laisse le temps aux gestes de s'installer.

Choisir sa première écriture

Les enseignants ne sont pas tous d'accord sur l'écriture par laquelle commencer, mais trois choix reviennent souvent.

Les écritures à la plume pointue (anglaise) et le lettrage au pinceau suivent une autre logique, celle de la pression ; il est préférable de ne pas les mélanger avec la plume large au début.

Le matériel minimal

  1. Un porte-plume et deux ou trois plumes à bec large de largeurs différentes, ou, pour démarrer, un feutre à pointe biseautée. Notre guide des plumes, calames et pinceaux détaille les options.
  2. Une encre noire liquide, plutôt fluide, ou de la gouache diluée.
  3. Du papier lisse, de type layout pour l'entraînement, et quelques feuilles de meilleure qualité pour les travaux finis. Voir notre article Encres et papiers.
  4. Un crayon, une règle et une équerre pour tracer les lignes, ou un guide imprimé à glisser sous le papier.
  5. Un chiffon et un pot d'eau pour nettoyer la plume.

Il n'est pas utile d'acheter un coffret complet au départ : les coffrets contiennent souvent des plumes et des encres dont on ne se servira pas.

La posture et le plan de travail

Beaucoup de calligraphes travaillent sur un plan incliné, une planche posée sur les genoux et appuyée contre la table, ou un pupitre réglable. L'inclinaison réduit l'écoulement brutal de l'encre et permet de voir la feuille sans se pencher. Le papier est posé sur un sous-main légèrement souple (quelques feuilles de papier ou un buvard), qui rend le contact de la plume plus agréable.

Le bras doit pouvoir bouger librement : on écrit avec le bras et l'épaule autant qu'avec les doigts. On déplace la feuille plutôt que de tendre la main vers le bord de la page. Un bon éclairage, venant du côté opposé à la main qui écrit, évite que l'ombre de la main ne masque la ligne. Notre article sur l'aménagement d'un atelier chez soi développe ces points.

Les exercices de base

  1. L'échelle de hauteur : avant chaque écriture, on trace à la plume, tenue de façon à donner son trait le plus large, une colonne de petits carrés empilés. Leur nombre donne la hauteur d'x du modèle en largeurs de plume, ce qui permet de garder des proportions justes quelle que soit la taille de la plume.
  2. Les traits de base : verticales, horizontales, obliques, cercles et arches, tracés en séries régulières, en gardant un angle constant. C'est l'équivalent des gammes.
  3. Les familles de lettres : on travaille ensemble les lettres qui partagent un geste (o, c, e ; n, m, h, r ; a, d, g, q...), plutôt que dans l'ordre alphabétique.
  4. Les mots : très vite, on écrit des mots courts, pour travailler l'espacement. Des mots comme « minimum » ou « nouveau » sont classiques, parce qu'ils répètent les mêmes formes.
  5. Les textes : quelques lignes d'un texte que l'on aime, pour éprouver le rythme d'une page entière.

Organiser ses séances

La régularité compte plus que la durée. Des séances courtes et fréquentes valent mieux qu'une longue séance par semaine, parce que le geste s'ancre par la répétition. Une séance type peut enchaîner un échauffement (traits de base), un travail ciblé sur une famille de lettres, l'écriture de mots puis d'une ou deux lignes de texte, et un temps d'observation.

Ce dernier temps est essentiel. On pose la feuille à distance, on la retourne pour voir les formes sans les lire, on la confronte au modèle. On note par écrit deux ou trois points à corriger à la séance suivante, pas davantage.

Apprendre seul ou en atelier ?

Les livres de référence et les vidéos permettent d'aller loin en autonomie, à condition de travailler d'après des modèles sérieux, de préférence des manuscrits anciens reproduits ou numérisés. La bibliothèque numérique Gallica de la BnF en offre un grand nombre ; notre guide pour trouver des modèles dans Gallica explique comment s'y retrouver.

Un atelier, un cours associatif ou un stage apporte ce que l'on ne voit pas seul : la correction de la tenue de la plume, de l'angle, du rythme. Les associations de calligraphie, les ateliers des villes et certaines écoles d'art proposent des cours pour adultes ; leurs programmes et leurs tarifs varient beaucoup, il vaut mieux se renseigner localement. Même quelques séances encadrées au début évitent de prendre de mauvaises habitudes.

Mesurer ses progrès

Ce qu'il faut retenir

Sources