Le musée de l'Imprimerie et de la Communication graphique de Lyon

Au cœur de la Presqu'île, à Lyon, un hôtel particulier ancien abrite un musée entièrement consacré à l'imprimerie et aux arts graphiques. Le musée de l'Imprimerie et de la Communication graphique raconte cinq siècles d'histoire du livre, de la lettre et de l'image imprimée. Il est actuellement fermé pour une rénovation : voici ce qu'il faut savoir pour préparer une visite à sa réouverture.
Le musée est fermé au public depuis le 1er juin 2025 pour des travaux de mise en accessibilité et de rénovation. Le site officiel annonce une réouverture en 2027, sous un nouveau nom et avec un parcours renouvelé ; les pages du musée évoquent selon les cas le printemps ou l'automne 2027. Le musée précise que, pendant les travaux, ses collections voyagent et s'exposent ailleurs (site officiel du musée, consulté en octobre 2026).
Un musée né de trois passionnés
Le musée a été créé en 1964, à l'initiative de trois figures du monde du livre : l'éditeur Maurice Audin, l'historien du livre Henri-Jean Martin, alors directeur de la bibliothèque municipale de Lyon, et le libraire parisien André Jammes, grand connaisseur de la typographie. Il est installé dans l'hôtel de la Couronne, rue de la Poulaillerie, un bâtiment historique de la Presqu'île. Il dépend de la Ville de Lyon.
Pourquoi Lyon ?
Le choix de Lyon n'est pas un hasard. Dès la fin du XVe siècle, la ville devient l'un des grands centres européens de l'imprimerie. Au XVIe siècle, ses ateliers impriment des ouvrages en latin, en français, en italien et en espagnol, des livres juridiques, médicaux, religieux et littéraires, des éditions illustrées de gravures sur bois, et attirent graveurs, fondeurs, correcteurs et auteurs. La ville est alors un carrefour commercial, avec ses foires, ce qui facilite la diffusion des livres dans toute l'Europe.
Le musée rappelle aussi le rôle de Lyon au XXe siècle dans l'histoire de la photocomposition, avec les inventeurs lyonnais René Higonnet et Louis Moyroud, dont la machine a contribué à remplacer la composition au plomb par des procédés photographiques.
Ce que l'on y voit
Le parcours permanent présenté jusqu'à la fermeture déroulait, sur deux étages et trois galeries, cinq siècles d'évolutions graphiques. On y suivait :
- les débuts de l'imprimerie, avec des livres du XVe siècle (incunables) et une section consacrée à l'imprimerie « selon Gutenberg » : caractères mobiles, composition, presse ;
- le livre de la Renaissance, ses caractères romains et italiques, ses illustrations gravées ;
- les techniques de l'image imprimée : gravure sur bois, taille-douce, lithographie, puis procédés photomécaniques ;
- la typographie industrielle et la publicité, de l'affiche au graphisme du XXe siècle ;
- la photocomposition et le passage au numérique.
Pour un calligraphe ou un graphiste, c'est l'occasion de voir de près ce que les reproductions écrasent : l'empreinte du plomb dans le papier, les marges, les couleurs des encres, la texture des pages de textura imprimée.
Le centre de documentation
Le musée dispose d'un fonds documentaire qui complète les collections : ouvrages sur l'histoire du livre, de l'imprimerie et du graphisme, catalogues de fonderies, revues professionnelles. Il est destiné aux chercheurs, aux étudiants et aux professionnels. Ses conditions d'accès pendant les travaux sont à vérifier auprès du musée.
Ce que le musée apprend au calligraphe et au graphiste
Un musée de l'imprimerie n'est pas seulement un lieu d'histoire des techniques. Pour qui pratique la lettre, il permet de comprendre des contraintes que les outils numériques font oublier.
- La lettre a un corps physique. Un caractère en plomb est un petit bloc de métal : on comprend devant une casse pourquoi l'on parle de « corps », de « chasse » ou de « bas-de-casse ». Notre article sur l'anatomie de la lettre reprend ce vocabulaire.
- L'impression marque le papier. Le foulage, l'empreinte du caractère dans la feuille, et la manière dont l'encre s'étale modifient l'aspect d'un caractère. Un même dessin paraît plus gras imprimé au plomb qu'à l'écran.
- Chaque technique a imposé ses formes. Gravure sur bois, taille-douce, lithographie, photocomposition : à chaque procédé correspondent des lettres possibles et des lettres impossibles. Les écritures script ou très liées, par exemple, sont faciles en lithographie et difficiles en typographie au plomb.
Garder ces contraintes en tête aide à choisir ou à dessiner des lettres adaptées à leur support, imprimé ou numérique.
Préparer sa visite à la réouverture
- Consulter le site officiel pour la date de réouverture, les horaires, les tarifs et le nouveau nom annoncé.
- Repérer les ateliers et les visites guidées dans la programmation : les activités de médiation sont annoncées sur le site du musée et demandent souvent une réservation.
- Combiner avec les bibliothèques : la bibliothèque municipale de Lyon conserve un fonds ancien important, dont une partie est numérisée.
- Prévoir le temps d'observation : une loupe de poche et un carnet pour croquer des lettres sont plus utiles qu'un appareil photo.
En attendant : voir l'imprimerie ailleurs
Pendant la fermeture, les collections voyagent, s'exposent dans d'autres lieux lyonnais et se documentent en ligne. D'autres lieux permettent de découvrir l'histoire de la lettre :
- l'Imprimerie nationale et son Cabinet des poinçons, ouverts lors de manifestations particulières ;
- les bibliothèques patrimoniales, dont la Bibliothèque nationale de France, et leurs collections numérisées : notre guide pour explorer Gallica explique comment trouver manuscrits, incunables et spécimens de caractères.
Ce qu'il faut retenir
- Le musée a été fondé en 1964 par Maurice Audin, Henri-Jean Martin et André Jammes, dans l'hôtel de la Couronne.
- Il retrace cinq siècles d'histoire graphique, du livre du XVe siècle à la photocomposition.
- Il est fermé depuis juin 2025 pour rénovation ; sa réouverture est annoncée pour 2027, sous un nouveau nom.
Sources
- Ville de Lyon, musée de l'Imprimerie et de la Communication graphique, présentation du musée (consulté en octobre 2026).
- Ville de Lyon, musée de l'Imprimerie et de la Communication graphique, page « Travaux » (consultée en octobre 2026).
- Lucien Febvre et Henri-Jean Martin, L'Apparition du livre, Albin Michel, 1958 (pour le contexte de l'imprimerie lyonnaise).
PatrimoineLe Cabinet des poinçons
Grecs du roi, Romain du roi, écritures du monde : des poinçons d'acier classés monuments historiques.
PatrimoineModèles d'écriture dans Gallica
Manuscrits, manuels d'écriture et spécimens : la méthode pour chercher dans Gallica.
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